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Phonurgia Nova programme de l’été

17 July, 2011 in news

Dans la capitale de la photographie, les voix et les sons irriguent aussi les imaginaires et creusent des sillons profonds. Chambres d’Ă©cho pour des dĂ©marches novatrices, espaces de mise en perspective de la crĂ©ation sonore d’hier et d’aujourd’hui, les UniversitĂ©s d’Ă©tĂ© de la radio, lancĂ©es par Phonurgia Nova en 1986, sont autant d’occasions pour l’oreille de se tendre plus fort, et pour la rĂ©flexion de se porter plus loin.

Tandis que les stages de formation ont dĂ©butĂ© (ils se dĂ©roulent jusqu’au 27 aoĂ»t cette annĂ©e), les rencontres se profilent Ă  l’horizon, les 23 et 24 juillet. Mais aussi un parcours sonore gĂ©olocalisĂ© dans la Ville, qui sera inaugurĂ© pendant la “Nuit de la Roquette” le 7 juillet.

Parcours sonore dans la Roquette

Phonurgia Nova prend part Ă  la 3ème Nuit de la Roquette en proposant un parcours inĂ©dit basĂ© sur la gĂ©olocalisation GPS des auditeurs dans ce quartier de lĂ©gende. Des voix anonymes parlent, des scènes de vie, prĂ©levĂ©es Ă  mĂŞme le pavĂ©, se logent au dĂ©tour des ruelles sinueuses et des quais selon une progression Ă  la fois scĂ©narisĂ©e et ouverte. “L’aventure commence Ă  l’oreille de celui qui Ă©coute” dit le poète. Ce soir lĂ , n’oubliez pas votre tĂ©lĂ©phone portable ! Point de dĂ©part du parcours : Théâtre municipal d’Arles. Le parcours est gratuit. Il est dĂ©veloppĂ© en partenariat avec le collectif Kodiz.com qui a conçu le support technologique de cette installation.
Durée : entre 30 et 45 min.

Rencontres publiques “Penser le sonore”

Depuis 1986, c’est une tradition arlĂ©sienne que d’inviter des acteurs de la scène sonore et radiophonique Ă  faire partager leur rĂ©flexion au public : Pierre Schaeffer, Richard Wilson, François Thomas, Michel Chion, Francis Dhomont, Yann ParanthoĂ«n, RenĂ© Farabet, Andrew Orr, Marc Garcia, Christian Rosset, Roland Dhordain, Silvain Gire, Daniel Deshays. Cet Ă©tĂ©, Marcus Gammel, directeur de Klangkunst sur Deutschlandradio kultur (le 23/07) et RenĂ© Farabet, ancien coordonnateur de l’ACR de France Culture (le 24/07) reviennent Ă  Arles pour poser la question de la place du sonore dans les Ă©critures du rĂ©el. C’est une question rarement posĂ©e. Pourtant, qu’il s’agisse de radio, de cinĂ©ma ou de spectacle vivant, impliquer le sonore revient toujours Ă  en livrer une “lecture inventive”, c’est Ă  dire une rĂ©-Ă©criture, qui ne va pas de soi, mais suppose au contraire un acte de crĂ©ation, nullement normalisĂ©, qui demande Ă  ĂŞtre renouvelĂ© Ă  chaque fois.

Approfondissant certains thèmes abordĂ©s par Daniel Deshays en 2007, 2008 et 2009, ces deux journĂ©es seront donc Ă  nouveau l’occasion de questionner les fonctions signifiantes du sonore dans diffĂ©rents contextes artistiques et mĂ©diatiques. Le matin les intervenants proposeront un cadre thĂ©orique et historique, illustrant leur propos d’exemples puisĂ©s dans leur propre production ou dans les archives du concours Phonurgia Nova. L’après midi ils poursuivront la rĂ©flexion sous la forme d’Ă©changes avec les participants dans le but d’aider chacun Ă  prĂ©ciser son rapport crĂ©atif au sonore. Le samedi soir, une sĂ©ance d’Ă©coute libre, non commentĂ©e, est ouverte Ă  tous les participants qui souhaitent faire entendre leurs oeuvres. A midi, les dĂ©jeuners pourront ĂŞtre pris en commun avec les invitĂ©s.

Musicologue de formation, Marcus Gammel est artiste sonore, dramaturge et producteur de radio. Il dirige depuis 2009 le programme Klangkunst de Deutschlandradio Kultur Ă  Berlin, un des foyers d’art sonore les plus importants en Europe, nĂ© il y a 15 ans, Ă  l’initiative de Götz Naleppa. Marcus Gammel est aussi membre du jury Phonurgia Nova depuis 2008. Et commisaire de l’exposition Klangkunst prĂ©sentĂ©e cette annĂ©e Ă  Arles, dans la Chambre d’Ă©coute du MusĂ©e RĂ©attu.

RenĂ© Farabet est auteur, metteur en scène et producteur de radio. De 1969 (date de sa crĂ©ation) Ă  2001, il a dirigĂ© l’Atelier de CrĂ©ation Radiophonique de France Culture, une Ă©mission de rĂ©fĂ©rence et une institution. Une dizaine d’oeuvres radiophoniques primĂ©es : Prix Italia, Prix Ondas, Prix Futura, Prix Paul Gilson, Prix de la Scam. A mis en scène Michael Lonsdale dans La Vie mode d’emploi en 1988 au Festival d’Avignon et en 1992 un RĂ©cital RenĂ© Char d’après RenĂ© Char. Il a publiĂ© Bref Ă©loge du coup de tonnerre et du bruit d’ailes chez Phonurgia Nova et publie cette annĂ©e Théâtre d’ondes, théâtre d’ombres, chez Champ social (NĂ®mes). Etienne Noiseau notait Ă  propos de son intervention Ă  Marseille en 2008 : ” RenĂ© Farabet possède une manière unique de parler du son et de la radio. Il manie une langue imagĂ©e, poĂ©tique, qui est peut-ĂŞtre la seule valide pour parvenir Ă  reprĂ©senter par le langage la complexitĂ© des phĂ©nomènes en jeu dans l’expression radiophonique. ”

L’entrĂ©e Ă  ces 2 journĂ©es est gratuite (mais l’inscription prĂ©alable est obligatoire). Elle s’effectue par tĂ©l. 04 90 93 79 79 ou par mail journees@phonurgia.org

http://phonurgianova.blog.lemonde.fr/

Walter Ruttmann: Weekend

22 April, 2011 in classics, works

Weekend is a pioneering work from the early days of radio, commissioned in 1928 by Berlin Radio Hour. In a collage of words, music fragments and sounds, the film-maker and media artist Walter Ruttmann presented on 13 June 1930 a radically innovative radio piece: an acoustic picture of a Berlin weekend urban landscape.

At great technical expense, Walter Ruttmann collects sound recordings of a weekend in Berlin: from finishing work on Saturday to starting the next week on Monday morning. Lasting a good eleven minutes, the piece alternates between narration and sound pattern. With his ear for the narrative as well as the visual, Ruttmann works on a kind of audio-art. His formulations can also designate structure on the basis of musical points of departure such as pitch and rhythm (see the reproduction of his notation for a speech sequence). But the characteristic style of «Weekend» is thoroughly narrative-related. Tone coloring, rhythm, and pitch merely customize the storytelling.

Golo Föllmer

http://www.medienkunstnetz.de/

Weekend reflejaba la transiciĂłn de un dĂ­a de trabajo a un dĂ­a festivo, el domingo al aire libre y la lasitud lejos de la vuelta al trabajo del dĂ­a siguiente. La banal realidad, si se quiere, pero transpuesta y magnificada por la lĂłgica del corte y el empalme, de la yuxtaposiciĂłn. De la lĂłgica narrativa procedente, pues, del montaje cinematográfico. Hay en Weekend otro aspecto muy importante que vincula la práctica cinematográfica a la radiofĂłnica, por cuanto presupone, en la actitud de Ruttmann, una misma intencionalidad en su registro de sonidos concretos y en el rodaje de los planos que habĂ­an integrado, por ejemplo, su Berlin. SinfonĂ­a de una gran ciudad. El mĂşsico “acusmático” Michel Chion nos ha llamado la atenciĂłn sobre ese paralelismo, que le permite ampliar en Weekend el concepto de “rodaje” al acopio de sonidos que efectĂşa un creador sonoro -y radiofĂłnico- a travĂ©s del micrĂłfono:

“Cuando se escucha hoy dĂ­a la obra, parece evidente que [los sonidos] no hayan podido ser sino `realizados para´. Evidente al menos para quien haya hecho grabaciones sonoras, y haya vivido la dificultad que representa la obtenciĂłn de un sonido aislado de los otros. Cuando se escucha por ejemplo en Weekend lo que se supone es una sierra cortando madera, todo eso en medio de un gran silencio, se sospecha que no hay ahĂ­ nada espontáneo. Ha sido preciso arreglárselas para evitar todo ruido simultáneo o vecino, elegir la hora o el lugar donde ningĂşn alboroto arriesgase perturbar la grabaciĂłn”
Michel Chion: L’art des sons fixĂ©s. Ed. Metamkine, Fontaine, 1991.

José Iges: Arte Radiofónico, UCM, 1997